Je me suis demandé à travers ce texte comment je pourrais témoigner de la visite du pape sur ce blog.
Cette mignardise aura probablement le goût de l’hostie.
D’abord, un détail très visuel et émouvant : à la Concorde, au moment de la litanie des saints, le soleil a percé les nuages et baigné la place de lumière. L’image est belle sans qu’on ait besoin d’en faire plus. Un signe ? Peut-être ! Mais une belle image, oui.
Et à Lourdes, il y a un côté plus intime : Léon XIV y était venu à 19 ans. Le voir revenir là comme pape, devant la grotte, ça donne une dimension touchante. Prenant Marie Garance, petite file polyhandicapée dans ses bras, la benediction : expression physique de l’amour du don de soi à autrui, altruisme oblige. Le représentant de Dieu sur terre exprime sa miséricorde sur les lieux d’une apparition et non loin de cette grotte qui été le lieu de miracles parfois non reconnus officiellement par le Vatican.
Avec Léon XIV, quelque chose change : à la Concorde, il confirme, le message encore plus directement adressé aux catholiques français qu’à Lourdes.
Dès le début, Léon XIV dit souhaiter que sa présence « confirme votre foi » et encourage les fidèles à la transmettre. Puis il reconnaît explicitement leur héritage : il parle des Français comme des « héritiers d’une longue et belle histoire sainte » et évoque même le désir de « bâtir une nation renouvelée à partir de ses racines irriguées par la foi ».
Mais il ajoute immédiatement quelque chose d’important : cette foi ne doit pas être gardée comme une identité protectrice. Il leur demande de la faire « déborder », d’apporter de l’espérance autour d’eux, et il s’adresse particulièrement aux familles, aux jeunes, aux catéchumènes et aux nouveaux baptisés. À Lourdes, il appelle à la conversion. Non pas convertir les autres, mais se laisser déplacer soi-même, revenir à l’essentiel, un cheminement intérieur en quelque sorte. Le vrai sujet commence après : qu’allons-nous faire de cette reconnaissance ?
Est-ce qu’on peut considérer que tout ce qui a trait à la laïcité a été plus ou moins l’apanage des athées, comme on pourrait le penser.
Si la laïcité a été mise de côté, je dirais plutôt qu’elle a été redéfinie. À l’Élysée, Léon XIV a défendu une “juste laïcité” et l’idée d’un dialogue État-religions. Il ne contourne donc pas la laïcité, il en propose une lecture ouverte où la foi a droit de cité sans confusion des rôles. Cela montre que la reconnaissance des catholiques ne passe pas par un recul de la laïcité, mais par une présence assumée dans le cadre commun. Le president Macron n’a pas assisté à la messe de la Concorde, mais je ressens cela comme une forme de pudeur ou un moment de réflexion. Doit il être engagé comme disciple ou suivre le mouvement généré par cette ferveur. Il ne réitère pas puisque il assume son choix en participant à celle de Metz. Macron, un élan du coeur ou un pèlerin de circonstance, pourquoi pas. J’y vois une forme de laïcité « redéfinie » pour éclairer mon propos.
À la Concorde, le message me paraît plus explicitement adressé aux catholiques français. Il les confirme dans leur foi et les encourage à la transmettre sans la garder pour eux, tout en rappelant l’héritage chrétien du pays. C’est sans doute le passage où la reconnaissance est la plus explicite, tout de suite articulé à une responsabilité : faire vivre cette foi dans la société. On retrouve là la complémentarité avec Lourdes : confirmé puis appelé à se convertir et à témoigner.
Il y a aussi un petit détail plus léger à Paris : parmi les chants repris par la foule figurait « Comment ne pas te louer », devenu viral sur TikTok. Ça crée un contraste assez savoureux entre une messe pontificale immense, au cœur de Paris, et une génération qui fait circuler ses chants religieux sur les réseaux sociaux, modernité contrastée.
Décidément ce pape me plaît beaucoup, ce moment était vraiment incroyable.
La preuve qu’il y a une place pour chacun .

Laisser un commentaire