A Paulo Coelho – l’Alchimiste
J’ai cherché une écriture contemplative et symbolique, où l’alchimie devient une métaphore de la vie spirituelle. J’ai également établi un parallèle avec la Cité de Dieu, tout en restant ancré dans l’expérience humaine.
Depuis longtemps, je cherchais le moyen de transformer le plomb de mon cœur en or.
Comme tant d’autres avant moi, je croyais que le secret résidait dans une connaissance oubliée, une formule ancienne, une pierre mystérieuse.
Je parcourais les livres, les traditions, les symboles, persuadé que la lumière se trouvait quelque part en dehors de moi.
Puis, je réalisai que Dieu ne façonna pas l’homme à son image, mais à son souffle. Voilà pourquoi l’homme peut aimer, créer, pardonner et espérer.
Le souffle de Dieu ne nous rend pas parfaits, mais nous donne la capacité de devenir.
L’alchimiste cherchait la pierre philosophale pour transformer le plomb en or. Le Christ, lui, ne cherche pas à transformer le plomb en or, mais le cœur de pierre en cœur de chair. Voilà la véritable alchimie.
Un jour, dans mon imagination, un vieil homme me remit deux pierres : Ourim et Toumim.
Je les contemplai longuement, me demandant laquelle contenait le secret.
Le vieil homme sourit et me répondit : « Aucune. » Le silence qui suivit fut plus précieux que toutes les réponses. Les pierres ne donnent pas la vérité, elles apprennent à écouter celui qui la donne.
Alors je compris que la véritable pierre philosophale n’est pas un objet. Elle est cette lumière intérieure qui naît lorsque l’homme accepte de laisser Dieu transformer son regard.
Le plomb n’est pas le monde.
Le plomb est tout ce qui, en nous, résiste encore à l’amour.
L’or n’est pas la richesse.
L’or est un cœur devenu libre.
Depuis ce jour, je ne cherche plus à transformer le monde avant de me laisser transformer moi-même.
Car aucune cité ne peut devenir juste si les cœurs demeurent fermés.
La Cité de Dieu ne descend pas sur une terre conquise par la force.
Elle naît discrètement dans chaque homme qui choisit la vérité plutôt que l’illusion, le pardon plutôt que la vengeance, l’espérance plutôt que le désespoir.
Chaque acte d’amour en pose une pierre.
Chaque pardon en élève un mur.
Chaque vérité vécue en ouvre une porte.
Et lorsque suffisamment de cœurs deviennent lumière, la Cité de Dieu cesse d’être une promesse lointaine.
Elle commence déjà à habiter notre monde.
Peut-être est-ce là le plus grand secret de tous les alchimistes.
Ils cherchaient une pierre, l’élixir de jouvence.
Dieu leur offrait un souffle.
Tandis qu’ils cherchaient l’or.
Dieu leur donnait l’Amour.
Et lorsque l’Amour devient notre demeure, le Royaume de Dieu n’est plus seulement devant nous.
Il est déjà au milieu de nous.


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