Ô limpide rivière, ô rivière chérie

C’est au hasard d’une promenade avec une amie sur un sentier de la Garenne Lemot  à Clisson que je la découvrais.  Sur le coté, livrée au regard du promeneur. Une pierre de Rosette version Sèvre Nantaise découvre une poésie livrée sur le granit. Tout d’abord, une lecture attentive révèle quelques vers.  Cette pierre semble usée…

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C’est au hasard d’une promenade avec une amie sur un sentier de la Garenne Lemot  à Clisson que je la découvrais. 

Sur le coté, livrée au regard du promeneur. Une pierre de Rosette version Sèvre Nantaise découvre une poésie livrée sur le granit. Tout d’abord, une lecture attentive révèle quelques vers. 

Cette pierre semble usée par le temps, on ne sait pas, mais quelqu’un a gravé bien plus qu’un poème en lettres capitales.

Le texte n’est pas signé. La pudeur de cet auteur restera anonyme sauf pour le graveur qui s’exécuta. La pierre garde encore ces mots anciens comme si quelqu’un, avant moi avait déjà compris que les plus beaux refuges sont souvent les plus humbles. Cette vérité simple : ce qui apaise vaut davantage que ce qui éblouit.

Il a laissé une manière d’habiter le monde.

À une époque où les hommes couraient déjà après l’ambition, l’envie et les apparences. Ah, les apparences que l’on se doit de préserver. 

Cette voix inconnue s’est arrêtée au bord d’une rivière pour défendre autre chose. 

Ce texte semble venir d’un temps ancien,

mais il parle encore parfaitement au nôtre.

Comme si cette pierre rappelait doucement aux passants fatigués qu’il existe des refuges où l’on n’a rien à prouver.

Ô limpide rivière, ô rivière chérie,

Puisse la sotte vanité

Ne jamais dédaigner ta rive humble et fleurie,

Que ton simple sentier ne soit point fréquenté

Par aucuns tourments de la vie,

Tels que l’ambition, l’envie,

L’avarice et la fausseté.

Un bocage si frais, un séjour si tranquille

Aux tendres sentiments doit seul servir d’asile.

Ces rameaux amoureux entrelacés exprès

Aux muses, aux amours offrent leur voile épais,

Et ce cristal d’une onde pure

À jamais ne doit réfléchir

Que les grâces de la nature

Et les images du plaisir.

L’eau continuera de couler dans la Sèvre Nantaise, les arbres continueront d’abriter les rêves, et la roche conservera cette mémoire tranquille :

les lieux les plus précieux ne sont pas toujours ceux que l’on conquiert, mais ceux qui nous apaisent. 

Le passager du chemin s’il s’arrête, pour respirer dans ce frais paysage, lira sur la pierre ce message pastoral et bucolique, célébrant une rivière comme refuge contre les passions humaines destructrices. 

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