extrait de Pensées pour moi-même annotées pour moi-même.
Accomplis l’oeuvre du moment
Si tu accomplis l’œuvre du moment présent en suivant la droite raison, avec zèle, avec énergie, avec douceur, sans te laisser détourner par rien d’accessoire, en conservant ton esprit pur comme si tu devais déjà le rendre ; si tu t’attaches à cela, sans rien attendre ni rien fuir, te contentant d’agir dans le moment présent selon la nature et de dire courageusement la vérité jusque dans les moindres détails, alors tu vivras bien. Et personne ne peut t’en empêcher.
Accepte et aime tout ce qui t’arrive
Quel est le vrai bien pour un homme vertueux ?
C’est d’accepter et d’aimer tout ce qui lui arrive, comme faisant partie de son destin.
C’est aussi de rester fidèle à lui-même, de ne pas se laisser perturber par ses émotions, et de garder son calme.
Il vit en accord avec la vérité et la justice, sans jamais s’en écarter.
Même si les autres se méfient de lui, il mène une vie simple et paisible.
Il ne se met pas en colère et reste sur son chemin jusqu’à la fin de sa vie.
Il avance avec calme, détaché des choses, en acceptant pleinement son destin.
Te retirer en toi ou l’art de l’introspection
On cherche des refuges où se retirer : des campagnes, des plages, des montagnes ; toi aussi, c’est ce que tu désires avant tout. Mais tout cela est bien peu digne d’un philosophe, puisque tu peux, à tout moment, te retirer en toi-même. Nulle part l’homme ne trouve une retraite plus calme et plus reposante que dans son âme, surtout lorsque son intérieur est tel qu’en s’y penchant, il retrouve aussitôt une parfaite sérénité, j’entends par sérénité l’état d’une âme bien ordonnée.
Procure-toi donc sans cesse cette retraite en toi-même et renouvelle-toi. Aie à ta disposition quelques maximes simples et essentielles qui, dès qu’elles se présentent à ton esprit, suffisent à te libérer de tout chagrin et à te renvoyer sans irritation vers ce que tu vas retrouver.
Les êtres raisonnables sont faits les uns pour les autres
De quoi, en effet, te plains-tu ?
De la méchanceté des hommes ?
Rappelle-toi que les êtres raisonnables sont faits les uns pour les autres, que la tolérance fait partie de la justice, que les hommes font le mal malgré eux, et que tant d’entre eux, après s’être combattus, soupçonnés et haïs, ont fini par mourir et retourner en cendres. Pense à tout cela et cesse de te plaindre.
T’indignes-tu de la part qui t’est faite dans l’univers ?
Rappelle-toi l’alternative : ou bien la Providence, ou bien les atomes…
… démontré que l’univers est comme une cité.
Est-ce encore ton corps qui va te tourmenter ? Réfléchis que la pensée, une fois qu’elle s’est reprise et qu’elle connaît sa propre indépendance, ne se mêle en rien aux mouvements, doux ou violents, du souffle vital. Pense aussi à tout ce que tu as entendu et à ce à quoi tu as donné ton assentiment sur le plaisir et la douleur.
La destinée d’un peuple se compose de ceux qui visent à la gloire et de ceux qui visent à la fortune. (Gg)
.La gloire n’est jamais où la vertu n’est pasée d’un peuple se compose de ceux qui visent à la gloire et de ceux qui visent à la fortune. Dans la gloire, il y a toujours du bonheur. La gloire n’est jamais où la vertu n’est pas. (Gg)
Vas-tu donc te préoccuper de la gloire ? Vois avec quelle rapidité tout s’oublie ; vois, de chaque côté, l’abîme infini du temps, la vanité du bruit que nous faisons, l’inconstance et l’incertitude de la renommée, et l’étroitesse du lieu où elle est enfermée. Toute la terre n’est qu’un point ; et dans ce point, quelle place occupe le petit coin où nous habitons ? Et dans ce coin, combien feront ton éloge, et que valent-ils ?
Souviens-toi enfin que tu as en toi-même un petit domaine où tu peux te retirer. Avant tout, ne t’agite pas, ne te raidis pas ; sois libre. Considère les choses avec fermeté, en homme, en citoyen, en être né pour mourir.
Garde présentes à l’esprit deux règles essentielles.
D’abord, les choses ne touchent pas l’âme : ( Marc Aurele aura bon de l’atténuer et entendre ici par âme, la raison ou la pensée) elles sont extérieures et restent insensibles ; nos troubles ne viennent que de l’opinion que nous en avons.
Ensuite, tout ce que tu vois change presque aussitôt et disparaît : combien de transformations n’as-tu pas déjà vues ? Pense-y sans cesse.
Le monde n’est que transformation ; la vie n’est que ce que nous en pensons.
La mort est comme la naissance, un mystère de la nature ; l’une se fait par la combinaison des mêmes éléments dont l’autre n’est que la décomposition.

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