L’insolence de l’excellence

( Autour du 4 de Pentacles)  Il y a une forme d’excellence qui rassure. Elle construit, elle structure, elle élève. Elle exige de soi la justesse du geste, la précision du mot, la tenue intérieure. Et puis il existe une autre forme, plus subtile. Une excellence qui se crispe. Le 4 de Pentacles montre un…

Written by

( Autour du 4 de Pentacles) 

Il y a une forme d’excellence qui rassure.

Elle construit, elle structure, elle élève.

Elle exige de soi la justesse du geste, la précision du mot, la tenue intérieure.

Et puis il existe une autre forme, plus subtile.

Une excellence qui se crispe.

Le 4 de Pentacles montre un personnage assis, immobile, tenant fermement ses pièces.

Il ne manque de rien. Il protège. Il maintient.

Mais quelque chose ne circule plus.

Ce n’est pas l’argent qui est en jeu.

C’est l’énergie, c’est le don de soi. 

L’excellence devient avare lorsqu’elle se met à confondre qualité et contrôle.

Lorsqu’elle préfère préserver son image plutôt que risquer l’imperfection vivante.

Lorsqu’elle retient ce qu’elle pourrait offrir. Lorsque l’on voudrait être après avoir été. 

On croit alors défendre le beau.

En réalité, on défend une peur.

La peur de descendre, la peur de décevoir et surtout  une peur de ne plus être reconnu comme “à la hauteur”.

La peur ne fait pas avancer.

Le 4 de Pentacles ne parle pas d’avarice matérielle.

Il parle d’une rétention du cœur.

Il y a une tension fine entre stabilité et fermeture.

Entre exigence et rigidité.

Entre excellence et élitisme.

L’excellence juste ne retient pas.

Elle affine, puis elle partage.

Elle s’incarne, puis elle circule.

Lorsque le geste est mûr, il peut être offert.

Même imparfait.

Surtout imparfait.

Car ce qui touche n’est pas la perfection, c’est la présence.

Alors, l’excellence qui s’ouvre aux autres cesse d’être une forteresse, elle devient le passage subtil de la communication de l’âme. 

Peut-être que le 4 de Pentacles nous interroge simplement sur ceci :

Est-ce que je protège ce que je suis ?

ou est-ce que j’empêche ce que je suis de circuler ? 

Peut-être que l’essentiel n’est pas de préserver ce que l’on est devenu, mais de laisser circuler ce que l’on est.

Fermeture silencieuse… ou mouvement d’offrande.

Le cœur incline toujours vers le vivant.

Laisser un commentaire