Cette lune nouvelle, j’ai dormi sans elle,
parce que je suis allé enfin la rencontrer.
Avec mon ami fidèle, hier soir, au marais,
j’ai attendu l’extinction des feux urbains.
Aux Sables, sur la côte de lumière,
ne demeurait qu’une seule clarté :
le ciel étoilé, sur l’onde heureux, venait offrir son reflet.
L’océan rapproche aussi la vague à l’âme.
Dans le marais, les oiseaux, exténués de leur journée, laissaient encore monter
le vacarme incessant de l’amour et des becquées.
Sternes, aigrettes, hérons, cygnes enlacés.
Nous nous sommes arrêtés de marcher pour écouter, levant ensemble les yeux vers l’univers étoilé, vers ces mille feux, ravissement de clarté.
Alors je me suis réjoui d’avoir enfin compris ce silence :
une étoile ne brille pas seule,
elle renvoie la lumière qui l’éclaire.
Chaque étoile de l’univers cache un soleil.
La lune, ce soir-là, n’était pas éclairée.
Je suis rentré avec mon petit compagnon.
Il était temps de rendre ce monde au sommeil.
La lune nouvelle nous gratifierait demain des grandes marées.
Et ce toit céleste du marais, nous l’avons partagé.


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