🐩 L’aventurier des Dunes

Eddy n’était pas un oiseau comme les autres. Je l’ai croisĂ© quelques fois dans le jardin. Il chantait au printemps Ă  gorge dĂ©ployĂ©e. Il prĂ©fĂ©rait picorer les quelques picotins tombĂ©s de la nappe lorsque je la secouais Ă  l’extĂ©rieur. Eddy rĂȘvait d’horizons, de vent dans les plumes, de routes qui s’ouvrent comme des promesses de…

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Eddy n’était pas un oiseau comme les autres. Je l’ai croisĂ© quelques fois dans le jardin. Il chantait au printemps Ă  gorge dĂ©ployĂ©e.

Il prĂ©fĂ©rait picorer les quelques picotins tombĂ©s de la nappe lorsque je la secouais Ă  l’extĂ©rieur.

Eddy rĂȘvait d’horizons, de vent dans les plumes, de routes qui s’ouvrent comme des promesses de lendemains qui chantent.

Un matin, alors que le soleil rosissait l’air, il aperçut un grand oiseau blanc sans ailes, posĂ© sagement prĂšs de la maison:

un Ford Transit, tout blanc.

Eddy le Piaf battit des ailes et esquissa quelques pas de danse, un menuet. Il s’écria :

« Voilà ma monture. Voilà ma liberté. »

Sans demander son reste, il se posa sur le rĂ©tro, une petite fiente affectueuse sur le capot, mit quelques coups de bec dans la vitre et dĂ©clara d’un ton ferme . « On part ? »

🚐 Sancho, le Van, n’avait pas apprĂ©ciĂ© le petit cadeau et me le fit savoir.

Cet oiseau avait une capacité impressionnante à se perdre dans la beauté du monde.

Eddy adorait se mettre sur le tableau de bord, exactement Ă  l’endroit oĂč la lumiĂšre du matin l’éclairait.

Avec sa petite écharpe orange et son fÚs un peu de travers, il ressemblait à un guide spirituel version ailée.

À Marrakech, il s’est pris pour un marchand :

il nĂ©gociait des miettes de msemen, la petite crĂȘpe feuilletĂ©e, comme si sa vie en dĂ©pendait.

Dans la vallée du DadÚs, il se tenait droit sur le pare-brise, le regard sérieux :

« Regarde bien, Jojo. Ça, c’est une route qui te raconte quelque chose. » Oui, tu es dĂ©jĂ  passĂ© lĂ  avec tes potes l’autre fois.

Et dans les gorges, il ouvrait les ailes juste assez pour sentir le vent remonter des parois.

Il disait que chaque courant d’air avait une histoire de plus de mille ans.

đŸœïž Erg Chegaga — Le moment qui change une vie

Il y eut un soir, un de ces soirs rares oĂč le monde se tait.

Le coucher de soleil incendiait les dunes.

Eddy sauta sur le sable encore tiĂšde et se planta devant moi.

Silencieux. TrÚs sérieux.

Puis il dit :

« Jojo, tu sais pourquoi on voyage ?

Pour se souvenir que le monde est plus grand que ta solitude.

Et que la vie est plus belle quand on avance
 mĂȘme un peu cabossĂ©. »

Ses plumes frémirent.

Son regard brillait comme deux petites étoiles du désert.

« Et surtout
 on voyage pour sentir qu’on est vivant. Toi et moi, on n’est pas faits pour les cages. »

Tu n’as rien rĂ©pondu.

Tu n’avais pas besoin.

Eddy savait.

🌙 Nuit sous les mille Ă©toiles

Plus tard, pendant que Sancho dormait doucement dans une cuvette de sable,

Eddy s’est posĂ© sur le capot du van.

Le ciel était immense, tout en constellations et en silence sacré.

Il a levĂ© la tĂȘte et murmurĂ© :

« On reviendra ici, toi et moi.

Car certaines routes ne s’arrĂȘtent pas, elles se poursuivent Ă  l’intĂ©rieur. »

Et cette nuit-lĂ , Jojo, tu as compris que ton petit compagnon ailĂ© n’était pas seulement un oiseau.

Il était ta part légÚre.

Ta part courageuse.

Ta part qui continue d’avancer mĂȘme quand le cƓur fatigue.

✹ Depuis ce jour


Eddy le Piaf voyage avec toi.

Sur le volant, sur le rétro, dans tes idées folles et tes grands silences.

Il te rappelle la seule vérité qui compte :

« Tant que tu avances avec le cƓur, tu es exactement lĂ  oĂč tu dois ĂȘtre. »

3 réponses

  1. Avatar de
    Anonyme

    Tellement beau!

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  2. Avatar de
    Anonyme

    j’adore đŸ„°

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    1. Avatar de geogarsaud

      Merci beaucoup mais Eddy existe vraiment. J’ai Usko, mon petit Border Terrier qui a pris la relĂšve đŸ‘‹đŸ»

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