La France de Napoléon III s’élargissait, perçait, bâtissait, Paris devenait moderne à coups de boulevards, puis la guerre est venue, brutale, et la Commune a laissé la ville blessée.
Surnommé le fondateur de l’impressionnisme Claude Monet, élevé en terre Normande, préférait l’école buissonnière et caricaturait.
Claude Monet l’indiscipliné, le caricaturiste du Havre, observait. Vint une rencontre où la lumière jaillit, où le voile se déchira. Eugene Boudin fut la révélation de sa vie d’artiste. Il saisit dans l’instant ce que pourrait être la peinture. Eugene Boudin dans son infinie bonté entrepris son éducation.
Capter la mer, les paysages, peindre la campagne Normande, fut plus qu’une révélation, un credo de l’artiste.
Le hasard du destin rassembla à Paris, dans le même atelier, celui de Charles Gleyre, Claude Monet, Alfred Sisley, Frederic Bazille (au destin tragique), Pierre Auguste Renoir, sans oublier Berthe Morisot. Ils ont débuté ce compagnonnage artistique qui changera l’histoire de l’art, une fraternité fragile, presque accidentelle.
Ils ne cherchaient pas à choquer, ils cherchaient à respirer, à sortir du conformisme dans lequel était enveloppé l’art pictural de l’époque.
Ils ont décidé de s’affranchir des codes de la peinture classique et d’entrer en rébellion contre l’académisme étouffant de leur temps pour obtenir leur indépendance avec plus de persévérance.
Sous l’impulsion de Napoleon III, en 1863, le Salon des Refusés endroit où l’on présenta leurs toiles ouvre ses portes, des centaines d’œuvres rejetées, parmi elles Le Déjeuner sur l’herbe d’Edouard Manet. Une femme nue, sans excuse mythologique, regarde le monde droit dans les yeux. Ce n’est pas la nudité qui scandalise, c’est la modernité. Cette oeuvre marquera le début d’une nouvelle génération de peintres anticonformistes. Ce tableau n’est pas encore l’impressionnisme, mais il ouvre la brèche dans laquelle Monet, Renoir, Morisot et les autres s’engouffreront. Il ne peint pas un mythe. Il peint son époque.
La peinture classique voulait édifier, figée par la mythologie. Eux, veulent capter, et quoi : un reflet sur l’eau, un tutu en mouvement, une rue sous la pluie, une montagne qui change d’âme à chaque heure.
Ils abandonnent la ligne parfaite pour la vibration, ils acceptent que l’instant soit plus vrai que l’éternité. On les a appelés impressionnistes pour se moquer, ils ont gardé le mot, ce qu’ils ont libéré n’est pas seulement un style, c’est une permission.
La permission de ne pas tout contrôler, de laisser la lumière décider, de faire confiance à ce qui passe, peindre devient alors une forme de présence, presque une méditation, et peut-être que toute modernité commence ainsi, le jour où l’on cesse d’obéir aux formes pour écouter ce qui tremble en soi.
A la lumière de leurs oeuvres, soyons nous même les impressionnistes de notre vie.
GG 💫


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