Le sable a gardé la mémoire du soleil.
Il a brûlé toute la journée, porté la chaleur, absorbé l’éclat.
Maintenant il refroidit lentement, comme un cœur qui a trop aimé.
Le feu a laissé place à une infinie douceur et n’a plus besoin de s’embraser pour exister.
Le sirocco discret glisse sur la dune, je sens cette caresse, d’abord sur ma joue.
Puis, Il traverse mes vêtements, il soulève à peine ce chèche de Touareg, indigo profond qui entoure mon âme, et me rappelle que le vent peut toucher sans emporter.
Le violoncelle repose contre moi.
La pique ancrée dans le sable encore tiède . Épicéa et ébène respirent dans la nuit.
Je ne joue pas, inutile de remplir le silence de ma solitude.
Le ciel, immense, ne promet rien, il me remplit de sa présence.
Les constellations, appels lointains des années de lumières, restent figées dans cette nuit sans exigence.
Je me tiens là, entre la chaleur qui s’apaise et la fraîcheur qui arrive.
Entre ce qui a été et ce qui peut devenir.
Je demeure éveillé dans cette justesse d’un cœur où le sable de la vie cesse de brûler et commence à porter.
Dans cette douceur presque imperceptible, je comprends que la beauté ne crie pas.
Elle murmure en moi que je n’ai plus besoin de courir vers elle, je suis déjà sous son ciel.


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