Solitude cultivée.

Je me suis laissé emporter. À un moment, j’ai cessé de lutter. J’ai été tant de choses à la fois : ange, ombre, luxe, excès, cherchant une place qui ne tenait pas en moi. L’orgueil, les préjugés, la vanité m’ont laissé seul ou presque. Le temps ne m’a pas toujours protégé ; il a entretenu,…

Written by

Je me suis laissé emporter.

À un moment, j’ai cessé de lutter.

J’ai été tant de choses à la fois : ange, ombre, luxe, excès, cherchant une place qui ne tenait pas en moi.

L’orgueil, les préjugés, la vanité m’ont laissé seul ou presque.

Le temps ne m’a pas toujours protégé ; il a entretenu, jour après jour, des pensées dont je n’avais plus besoin.

Mon âme a glissé vers le fond, fatiguée, silencieuse, entraînant au fond du puits les gentils.

Il y a eu des jours où plus rien ne comptait, où l’amour ne nourrissait plus, où le manque faisait loi.

J’ai tenu l’orgueil et les préjugés comme des remparts, à distance d’une tendresse possible que je n’ai pas su recevoir.

Ce que je croyais solide s’est fissuré : une promesse vide, sacrifiée au passé du vénal, infidèle.

J’ai espéré longtemps, et pourtant, j’ai désespéré.

Je me suis habitué à la séparation.

Et pourtant… il y a eu des instants de lumière.

J’ai aimé à perdre la raison.

J’ai été aimé.

J’ai rayonné de tout ce qu’on me donnait, sans toujours savoir le garder.

Aujourd’hui, la lumière est plus douce, un peu voilée.

Je sais maintenant que toutes les larmes du monde n’effacent pas le passé.

Alors j’apprends, lentement, à déposer les armes.

Dans le silence de la chute, ma main se crispe encore au bord.

Mon destin n’est pas fermé.

Il attend, fragile, que j’ose le reprendre.

Je crois au ciel.

Peut-être ne m’attend-il plus comme avant.

Mais le ciel appartient à ceux qui aiment, donnent et pardonnent.

Si je marche enfin sur le chemin de ma vulnérabilité, sans masque, sans orgueil, peut-être sera-t-il entendu comme une prière, ou un pardon.

Laisser un commentaire