Le pansement Schubert

Quand la musique devient un soin. Par hasard lorsque je tissais sans but précis et au hasard de la toile, je fis la rencontre éclairée de Claire Oppert. Moi, petit mélomane sans prétention aucune, boulimique de ce don de Dieu qu’est la musique. Consommateur addictif au streaming des œuvres disponibles sur les plateformes. Ce flux…

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Quand la musique devient un soin.

Par hasard lorsque je tissais sans but précis et au hasard de la toile, je fis la rencontre éclairée de Claire Oppert. Moi, petit mélomane sans prétention aucune, boulimique de ce don de Dieu qu’est la musique. Consommateur addictif au streaming des œuvres disponibles sur les plateformes. Ce flux d’œuvres ininterrompu nourrit ma vie depuis .

J’ai longtemps erré dans le jardin d’hiver de Schubert. Pendant ce voyage et essuyant les larmes du chagrin et du désespoir en écoutant « Einsamkeit », littéralement «Solitude », je m’enivrais littéralement, accro à la tristesse. Dieu que c’est bon de lâcher prise. C’est Mischa Maisky et son violoncelle qui captivèrent alors mes sentiments.

Un an avant sa mort, Franz Schubert composa Winterreise (Voyage d’hiver), cycle de 24 lieder sur des poèmes de Wilhelm Müller. Ce fut un pilier de la thérapie de mon deuil, et plus en avant, je découvrais une initiative que je salue avec respect et dévotion.

Un jour, dans un Ehpad, Claire Oppert joue le trio n°2 op.100 de Schubert.

À peine l’archet posé sur les cordes, une résidente, tendue par la douleur, se relâche lentement… comme si une main invisible venait lisser l’angoisse.

De cet instant fragile et miraculeux naîtra le « pansement Schubert », un geste de soin tissé de musique vivante.

Depuis, Claire joue pour ceux qui peinent, qui vacillent, qui s’éteignent parfois.

Son violoncelle murmure là où les mots n’entrent plus : il apaise, éveille, console.

Dans une langue douce et lumineuse, elle raconte ces rencontres où le temps se suspend : un silence partagé dans une chambre blanche, un sourire retrouvé chez un enfant autiste, une lueur d’attention chez un patient atteint d’Alzheimer.

Des moments où la musique révèle que l’humain demeure, même quand tout semble se retirer.

Ce livre est une main posée sur l’âme.

Il rappelle que la musique ne se contente pas d’être entendue : elle soigne, elle relie, elle ouvre un passage vers ce qu’il y a de plus vivant en nous.

Diplômée du conservatoire Tchaïkovski de Moscou, philosophe de formation et art-thérapeute, Claire Oppert a élaboré un protocole aujourd’hui salué par la communauté scientifique.

Son « pansement Schubert » adoucit la douleur, calme l’anxiété, et a reçu en 2021 le Prix littéraire des Musiciens.

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