Murmure d’Âmes

Ce matin, je me lève après une nuit où les songes n’ont pas enfanté de rêves. Je me sens porté par le Divin, sous la bonne étoile de ceux qui nous ont aimés. Ces êtres qui ont éclairé nos vies, dont les rêves reposent encore entre les nôtres. Lumière de ce que nous sommes… je…

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Ce matin, je me lève après une nuit où les songes n’ont pas enfanté de rêves.

Je me sens porté par le Divin, sous la bonne étoile de ceux qui nous ont aimés.

Ces êtres qui ont éclairé nos vies, dont les rêves reposent encore entre les nôtres.

Lumière de ce que nous sommes… je me réveille en paix, et je souris.

Des messages subliminaux glissent à travers les événements, comme autant de signes qui offrent la rédemption à nos âmes.

Le Divin est là, je le sens, il m’entoure, il m’inspire, assis dans ce canapé qui est parfois le sanctuaire silencieux de ma solitude.

Alors, si mes pensées vont vers elle, je me laisse traverser par cette douce mélancolie.

Le calme règne dans cette maison que j’aime, ce palais du merveilleux où je marche en roi.

La couronne que je porte est faite des trois degrés de l’amour :

l’apprenti amoureux, le compagnon, le maître, ceux qui permettent d’accueillir et d’aimer.

Aimer mon prochain, ma descendance, mes amis, les princesses aux pieds nus ou en pantoufles de vair.

Ce jour-là, alors que Sancho et moi revenions du pays des cigognes, je lui confiai la boussole du destin.

Il m’emmena d’abord au « Chemin des Dames », lieu tragique où j’entends encore, en silence, les bombes, le tumulte et la souffrance.

J’inscris un hommage dans le livre d’or du cimetière du Fort-de-la-Malmaison, et mes pensées courent vers Léon G., mort pour la France en 1914 à Sainte-Marie-aux-Mines.

Un ancêtre fauché trop tôt, laissant derrière lui une famille, une amoureuse, victime de la folie des hommes.

Les larmes coulent doucement : j’aurais pu être des leurs, j’aurais pu marcher à ses côtés dans son dernier moment.

Et pourtant, Sancho choisit ce jour-là de me rapprocher d’elle au lieu de me faire éviter la Capitale.

Avec l’inconscience lucide de l’aventurier, j’entre en zone sensible.

Un premier signal : à S. , devant le narthex, une photo d’un défunt posée sur un chevalet.

Une cérémonie en cours, des sanglots mêlés au glas des cloches.

Je m’incline, touché, interpellé. Hasard ? Coïncidence ? Appel du Divin ? Chacun jugera.

Je reprends la route, décidé à quitter les territoires où la Faucheuse rôde.

Sancho file, fend l’air… et pourtant, un nouveau message de l’Univers m’arrive, comme pour l’équipage du Nostromo.

Alors je rassemble mes forces, je parle à mon courage, je règle le GPS sur la destination : « Amour, pardon ».

Sancho connaît la route.

Je n’ai aucune crainte : je sais que je vais la revoir.

Je sonne.

Elle est là.

Je le savais.

Mon Ange est au sol, les ailes brisées.

Je la prends dans mes bras, et je laisse ses longs sanglots couler contre moi.

Toute sa détresse traverse ma poitrine ; mon cœur se gonfle de son désespoir.

Alors je comprends : le Chemin des Dames, la cathédrale de S. tout préparait mon cœur à accueillir sa douleur.

Peu à peu, les sanglots longs cèdent la place à des paroles apaisées.

Un café, des mots d’amour, un regain d’espoir.

Je repars ivre de la violence de son deuil, mais le coeur léger.

Sa vie a été emportée par une avalanche intérieure.

Elle affronte un poids que les yeux ne voient pas : une tempête silencieuse qui ne parle pas de moi. J’étais sur une trajectoire. 

Sa distance n’est pas un rejet.

C’est sa manière de ne pas se briser.

Alors moi, j’avance avec douceur.

Je ne force rien. Je ne retiens rien.

Je reste lumineux, stable, paisible.

Le jour où elle pourra revenir vers le monde,

elle saura exactement où trouver son royaume, peut-être le notre en bâtisseurs de Cathédrale.

Je respecte son chemin, son rythme, l’errement de ses sentiments.

Je garde pour elle une lumière douce, tranquille, non intrusive.

Juste une présence paisible.

Et maintenant… le divin nous accueillera.

Prends soin de toi ❤️

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