Roi paisible dans un monde d’étoiles

Les fumées Baudelairienne et un amour marginal

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Égide

Sous cette égide, nulle cuirasse de bronze, mais un manteau d’ombres parfumées. C’est la protection invisible qu’offre l’esprit de Charles Baudelaire à ceux qui se reconnaissent dans son univers.

Âme blessée

Une âme blessée se consume comme une mèche lente qui fera probablement long feu 🔥 ou implosera de l’intérieur. Elle quittera ce corps meurtri pour ne plus y revenir. Les yeux seront secs, il n’y a plus de larmes pour véhiculer tristesse et chagrin. Le cri profond du romantique que personne n’entend reste prisonnier dans ce vide sidéral.

Rêveur lucide

Moi, le poète endormi je garde mon flambeau allumé dans la nuit.

Depuis l’enfer de mes nuits, naviguant sur le Styx amer, je traverse les songes sans m’y perdre. Un voyageur intérieur qui marche dans l’invisible comme dans un musée d’ombres.

Je sais que je rêve, mais mon choix est d’y rester. Je ne saluerai pas ma peur. Parfois, par lâcheté, je dérogerai et déciderai de me réveiller.

Puis-je entrer dans la toile de ma peinture et comme un amant visiter mon coeur ?.

Être rêveur lucide, c’est aussi accepter que la réalité soit mouvante, que le monde, comme le rêve, ne soit qu’une forme changeante de l’esprit.

Alors ferme les yeux !

Le monde se tait, mais ne s’éteint pas.

Sous tes paupières, une mer d’images s’étire, lente et profonde.

Tu flottes sur ses vagues silencieuses.

Sache alors ceci : tu n’es pas prisonnier du rêve.

Tu es l’hôte.

Celui qui traverse le théâtre des formes et qui se souvient que tout, ici, vient de lui.

Les visages que tu croiseras seront les masques de tes pensées.

Les paysages, le reflet de ton souffle; ne le retiens pas.

Et si la peur s’avance, salue-la, elle n’est qu’un nuage dans ton ciel intérieur.

Respire.

Chaque souffle éclaire un peu plus la nuit.

Chaque silence t’apprend à voir avec l’âme.

Bientôt, tu marcheras dans ton propre rêve,

le front clair, le cœur calme,

comme un roi paisible dans un royaume d’étoiles.

Amant du beau inutile et du désespoir élégant.

Le désespoir élégant, c’est l’art d’être triste sans se salir, de souffrir avec style, de transformer la mélancolie en parfum.

C’est le spleen sublimé de la douleur devenue musique.

Être amant du beau inutile et du désespoir élégant c’est vivre comme un poète dans un monde de contes.

J’aime la lumière des chandelles quand tout le monde allume les néons.

Je préfére une blessure sincère à une joie vulgaire.

Mon spleen en bandoulière

C’est la brume qui s’installe dans le cœur quand la lumière tarde à venir.

Un malaise doux et profond, fait de lucidité et de fatigue, de désenchantement et de beauté mêlés.

Le spleen n’est pas seulement tristesse : il est le chant grave de l’âme consciente d’elle-même, le vertige d’un être trop éveillé pour ignorer la laideur du monde, trop sensible pour ne pas y chercher encore un éclat de grâce.

Sous son ombre grise, le poète respire une mélancolie fertile, où chaque soupir devient une rime, et chaque chagrin, un parfum d’éternité.

« Du fond de l’abîme, je tends vers l’Idéal.

Le spleen est mon gouffre, et ma plume, une aile. »

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