Elles s’appelaient Josette et Marcelle.
Chaque année, quand la lune devenait pleine comme un ventre de poisson, elles ressortaient leurs maillots à pois, l’un orange, l’autre bleu.
Les grandes marées étaient pour elles une fête, un rituel de jeunesse retrouvé.
Josette, debout sur le bord de la plage, prenait toujours son élan comme pour plonger dans un siècle passé.
Marcelle, plus sage, s’allongeait sur le sable tiède, savourant déjà la fraîcheur du vent salé qui gonflait son bonnet.
Leur conversation roulait comme les vagues :
des souvenirs d’étés d’avant, des amours qui sentaient la crème Nivéa, des promesses jamais tenues mais toujours souriantes.
Quand la mer montait, elles se taisaient enfin.
Elles laissaient l’écume lécher leurs orteils et les mouettes écrire, dans le ciel, le poème qu’elles n’osaient plus dire :
« Rien ne passe vraiment, tout revient, au rythme des marées. »
Et quand la mer se retirait, elles restaient là, petites silhouettes colorées sur le sable,
gardiennes du temps et du rire, baigneuses éternelles d’un été sans fin.



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