Saint-Vincent-sur-Jard renferme une maison discrète : une simple bicoque de pêcheur, posée sur la dune face à l’océan. Elle est entourée d’un brise vue, simple palissade.
Rien n’indique qu’elle abrita, dans les années 1920, Georges Clemenceau.
À l’intérieur, on s’attendrait à trouver des souvenirs politiques, des bustes ou des reliques.
Rien de tel : seulement des meubles rudimentaires, des livres enfermés sous grillage, et un étrange bestiaire de voyage — peau de tigre, crocodile, antilopes.
Le Père la Victoire y vivait comme un retraité anonyme, plus explorateur que chef d’État.
Chaque été, il quittait Paris en voiture, arrivait ici après un rituel arrêt à Saumur.
Dans sa “cabane”, il s’imposait un rythme d’ascèse : coucher tôt, réveil à minuit, longues heures d’écriture dans une pièce sombre où seul l’Atlantique donnait la réplique.
Clemenceau ne cherchait plus les applaudissements.
Il contemplait la mer, vaste et changeante, ultime témoin d’un vieil homme qui se préparait au silence.
C’est avec recueillement et respect que je m’installe en face de sa maison lors de mes randonnées sur la Velodyssee. Je songe alors à cette amitié qui traversa le temps: celle d’un peintre surnommé le Raphaël des eaux, Claude Monet, avec un Tigre de Vendée : Georges Clemenceau.


Laisser un commentaire