Christian

« Au fait Georges, petit détail pratique,  voici mon adresse… La maison qui précède a une grange. Tu pourras rentrer dans la cour qui est pavée. » OK Georges. Vérification de la check list : Garbure aux neuf légumes du jardin et au jarret et couenne de porc, OK Salade landaise avec haricots verts du jardin, gésiers…

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« Au fait Georges, petit détail pratique,  voici mon adresse… La maison qui précède a une grange. Tu pourras rentrer dans la cour qui est pavée. »

OK Georges.

Vérification de la check list :

Garbure aux neuf légumes du jardin et au jarret et couenne de porc, OK

Salade landaise avec haricots verts du jardin, gésiers et œufs de mes cocottes bio, OK

Salmis de palombes, OK

Tarte aux pommes compotées avec des museaux de lièvres du jardin (vieille variété de pommes), OK

Café, en cours.

Christian, un chef, mon mentor, devenu mon ami. Il m’avait recueilli comme on recueille un chien perdu sans collier.

Une réforme de structure nous avait laissés là, sur le carreau. Ingénieurs techniciens de l’informatique et des télécommunications, nous avions retrouvé le chemin du curriculum vitae, avec cette obligation de postuler sur nos postes, mais ailleurs. Vivre ailleurs dans ces villes tentaculaires, comme des animaux malades de la peste citadine. Ces mégapoles sont des endroits où le sacrifice de la qualité de vie est ultime. Je postulais donc, après ce court séjour en Auvergne. Georges Brassens avait connu l’auvergnat sous d’autres auspices. Moi, je l’ai connu la veille de l’an 2000 pour l’aider manu militari, il rechignait. Il était impératif de faire passer sans encombre l’informatique de l’entreprise dans le deuxième millénaire. Toulouse, la capitale des « Capitouls » nous accueillait désormais. Affectation qui était favorable et bien accueillie par ma famille originaire du Midi de la France. Ce Midi-là est plus proche des Pyrénées que de la mer. Les années passées dans la ville Rose furent un accomplissement, familial et professionnel. Harmonisant la vie de couple, la famille et le travail où je dépensais sans compter mon engagement. Notre action était toujours valorisée par mon chef qui veillait aussi bien sur le Système d’Information que sur les compétences des collaborateurs dont je faisais partie. Certes, la vie n’était pas un long fleuve tranquille, mais nous le traversions, ce fleuve, pas forcément toujours à gué. Il ne s’agissait pas de s’enrichir, la richesse nous l’avions bien compris, c’était les femmes et hommes de l’entreprise. Notre rémunération , roupie de sansonnet qui nous faisait vivre tout de même, représentait de la monnaie de singe par rapport à tout ce bonheur d’œuvrer ensemble. Et puis le temps a passé au rythme des projets, des joies, des peines, les accidents du fond du trou, comme savent le faire les gens du Sud. Mais la réussite de l’entreprise était notre Graal à nous et nous buvions dans ce calice, apôtres de la Sainte Cène. Après toutes ces années passées, je suis parti en inactivité, l’horloge biologique m’a rattrapé, l’artiste a rangé ses pinceaux, artiste ou sage du bureau, mes surnoms me collaient à la peau. Après une dernière larme, je me suis consacré à d’autres activités aussi passionnantes avec ma femme qui m’avait tant de fois épaulé. Je suis resté en contact dans cette petite mort que vit un retraité. Maintenant, après toutes ces années, je suis venu le rompre avec lui,  ce pain de la Sainte Cène. Ici aussi, chez lui, le malheur a fait son œuvre. Et malgré cette peine de perdre les siens, il y a de la joie, la joie de se retrouver pour encore des moments d’amitié. Les souvenirs peuplent nos cœurs, il suffit de fermer les yeux et de sourire, même si une larme luit au coin des yeux. 

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