DĂ©cider ensemble, se projeter, sâĂ©panouir au travers de lâautre, permet de ne pas sâoublier et surtout de se rappeler l’un Ă l’autre ce contrat passĂ© ensemble: sâaimer contre vents et marĂ©es, malgrĂ© la grisaille, le mauvais temps, les autres, ceux qui parlent fort de lâamour sans lâavoir rĂ©ellement vĂ©cu. Nous avons le courage et lâenvie de prĂȘter allĂ©geance, amour, fidĂ©litĂ©, bienveillance et finalement, le pacte amoureux avec tacite reconduction. Parce que lâon est fous et que lâon dĂ©borde dâamour. SoudĂ©s, cimentĂ©s par l’envie de vibrer Ă lâunisson et d’avancer ensemble et pas uniquement par le nombre d’annĂ©es au compteur. Le passĂ© et les enfants restent Ă leur juste place. Sanctuariser des moments tous les deux, sans ses enfants, ce n’est pas moins les aimer. C’est les laisser Ă leur juste place et leur renvoyer un modĂšle inspirant de parents amoureux.
Le Petit Prince nous enseigne comment dĂ©sinvestir suffisamment pour accueillir lâautre. Il dit au revoir Ă sa rose aprĂšs avoir soigneusement ramonĂ© les volcans, une maniĂšre de se libĂ©rer du passĂ© en mettant de lâordre dans sa vie avant de partir pour dĂ©marrer une autre vie, oĂč il apprivoisera, apprendra.
«Au matin du dĂ©part, il mit sa planĂšte bien en ordre. Il ramona soigneusement ses volcans en activitĂ©. Il possĂ©dait deux volcans en activitĂ©. Et c’Ă©tait bien commode pour faire chauffer le petit dĂ©jeuner du matin. Il possĂ©dait aussi un volcan Ă©teint. Mais, comme il disait, « On ne sait jamais ! » Il ramona donc Ă©galement le volcan Ă©teint. S’ils sont bien ramonĂ©s, les volcans brĂ»lent doucement et rĂ©guliĂšrement, sans Ă©ruptions. Les Ă©ruptions volcaniques sont comme des feux de cheminĂ©es. Ăvidemment sur notre terre nous sommes beaucoup trop petits pour ramoner nos volcans. C’est pourquoi ils nous causent des tas d’ennuis.
Le petit prince arracha aussi, avec un peu de mĂ©lancolie, les derniĂšres pousses de baobabs. Il croyait ne jamais devoir revenir. Mais tous ces travaux familiers lui parurent, ce matin-lĂ , extrĂȘmement doux. Et, quand il arrosa une derniĂšre fois la fleur, et se prĂ©para Ă la mettre Ă l’abri sous son globe, il se dĂ©couvrit l’envie de pleurer.
- Adieu, dit-il Ă la fleur.
Mais elle ne lui répondit pas. - Adieu, répéta-t-il.
La fleur toussa. Mais ce n’Ă©tait pas Ă cause de son rhume. - J’ai Ă©tĂ© sotte, lui dit-elle enfin. Je te demande pardon. TĂąche d’ĂȘtre heureux.
Il fut surpris par l’absence de reproches. Il restait lĂ tout dĂ©concertĂ©, le globe en l’air. Il ne comprenait pas cette douceur calme.
- Mais oui, je t’aime, lui dit la fleur. Tu n’en as rien su, par ma faute. Cela n’a aucune importance. Mais tu as Ă©tĂ© aussi sot que moi. TĂąche d’ĂȘtre heureux⊠Laisse ce globe tranquille. Je n’en veux plus.
- Mais le ventâŠ
- Je ne suis pas si enrhumĂ©e que ça⊠L’air frais de la nuit me fera du bien. Je suis une fleur.
- Mais les bĂȘtesâŠ
- Il faut bien que je supporte deux ou trois chenilles si je veux connaĂźtre les papillons. Il paraĂźt que c’est tellement beau. Sinon qui me rendra visite ?
Et elle montrait naïvement ses quatre épines. Puis elle ajouta:
- Ne traĂźne pas comme ça, c’est agaçant. Tu as dĂ©cidĂ© de partir. Va-t’en.
Car elle ne voulait pas qu’il la vĂźt pleurer. C’Ă©tait une fleur tellement orgueilleuseâŠÂ» - Un matin, Ă lâaube jâai dit au revoir Ă ma rose đč celle-ci nâĂ©tait pas orgueilleuse partie pour lâAilleurs, une rose sans Ă©pine. â€ïž


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