L’amour ne serait rien sans preuve d’amour, tout simplement, les mille gestes du quotidien, y compris bisous et câlins, pour rappeler ô combien j’aime cette personne, j’aime la caresser jusqu’au sens du frisson et vivre à ses côtés.
S’installer chez elle aurait pu être l’histoire d’une vie, un nouveau départ, une page blanche, le prélude, le songe d’une nuit d’été. L’insécurité se positionne à la hauteur du ressenti. Au bout de quelques mois de passion fusionnée, d’envie de vivre ensemble en harmonie, tout était réglé, le feu intérieur crépitant dans l’âtre commun. Mais voilà quelques mois plus tard, une métamorphose s’opère, tendue et angoissée. Nous devenons une autre personne constamment sur le qui-vive. La personne en insécurité analyse en permanence tous ses gestes.
Permanente et excessive, l’insécurité affective envahit totalement l’espace de la relation, un nouveau modèle qui entraîne la perte des limites personnelles.
Celui qui veut être rassuré devient de plus en plus méfiant et agressif, et l’autre, pour se protéger, se replie sur lui-même, ou devient à son tour agressif. Dans tous les cas, la connexion relationnelle est perdue.
Le frein à l’engagement, c’est le doigt appuyé sur le déclenchement du siège éjectable, la valise est toujours prête, le conditionnel devient omniprésent. On ne s’installe jamais dans la relation, car nous n’avons pas signé au bas du parchemin et l’on retourne à Cupidon sa propre flèche. L’investissement affectif est une équation à plusieurs inconnues. En partie, cela revient à combler les manques et éteindre la peur de s’investir dans la vie de couple ? La capacité à supporter la part d’inconnu et le vivre ensemble tout simplement révèle le niveau d’insécurité affectif de chacun.
Si l’on est suffisamment assuré affectivement, on va poser ses besoins, ses limites, procéder aux ajustements nécessaires afin que chacun y trouve son compte et son épanouissement. En revanche, plus l’insécurité affective est importante, plus on va chercher à combler son manque et moins on va s’investir dans la relation. Cela peut paraître paradoxal. Car on “roule pour soi”, et non pour la relation. Cette forme d’égoïsme est prônée par les gourous mystiques du développement personnel, les bonnes copines, les naufrageurs de la relation, donneurs de leçons… pense d’abord à toi ! À tel point que l’autre est renvoyé dans son en-but, manu militari.
L’insécurité affective ne se déclare pas du jour au lendemain, elle prend ses racines dans nos premiers liens. Il faut remonter à la petite enfance avec soit des parents défaillants, absents, négligents, autoritaires, ou émotionnellement instables, des parents qui donnent le sentiment à l’enfant qu’il n’est «aimable» qu’à certaines conditions, le dressage plutôt que l’éducation, sans donner de l’amour. Les personnes expriment alors un phénomène de rejet, sensation d’abandon, traumatisme de la séparation, incapables de créer des liens affectifs durables. Sans cesse réactivés par des mots ou des comportements du partenaire. Paniquée, la personne insécure va alors tout faire pour ne pas revivre son passé douloureux. Et souvent il s’agit du vécu avec son « ex”.
L’insécurité affective se caractérise par des comportements qui doivent alerter : mal vivre la moindre séparation, garder le lien à tout prix (sms, téléphone, mails), être hypertactile (je deviens son doudou), se rendre intéressant tout le temps, exprimer sa colère de manière indirecte (agressivité passive, allusions négatives…), jalousie. On peut aussi se mettre à l’écoute de ses sensations pour basculer de la tyrannie à la victimisation, ce qui rend une relation toxique.
Pour renforcer la sécurité affective, les thérapeutes préconisent aussi un exercice facile et simple, dont l’efficacité sur l’insécurité a été prouvée par les neurosciences : il s’agit, avec son partenaire, de se regarder longuement dans les yeux, en se parlant d’une voix douce. Le rituel peut se pratiquer tous les jours sans modération.


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