La baguette à la main, il est préoccupé, son visage reflète l’humilité que les musiciens possèdent. J’ai senti en lui, le don de soi, altruiste au pupitre. Ici, la richesse c’est l’orchestre, interprétation de l’émotion. Confiance et bienveillance sont les reflets de l’âme. L’accueil qu’il réserve est celui d’un père. Un père qui ouvre ses bras à ses enfants les musiciens qui se pressent en rond autour de leurs partitions. Pas de jugement de valeur, tous égaux, on attend, le souffle retenu, c’est le recueillement, le respect du chef qui va guider, nous éclairer avec bienveillance et s’assurer que tous vont donner le meilleur d’eux même. Tous ensemble pour la quintessence des sons, le plus raffiné de la chose. Sainte Cène, tous apôtres de la musique, de l’oeuvre à partager comme l’on rompt le pain et que l’on offre a ceux qui ont faim. Soif de musique, avides d’émotions autour de ce petit chef d’orchestre, un grand monsieur venu du bout du monde. La musique qu’il nous fait partager est aussi le reflet de son pays qu’il a quitté, une chance. Maintenant, mon chemin est autre, je garde le souvenir d’une belle rencontre. Je lui ai expliqué avec nostalgie que je ne serai plus là avec mon violoncelle, ma belle, parce que c’est la force du destin. Il m’a répondu avec les mots que j’attendais :
« Bonjour Georges,
merci pour ton message, j’espère que tout ira bien pour toi sur ta route, je te le souhaite.
Ça a été un beau partage, (un peu court) ces moments d’échanges humains et musicaux.
Merci pour ton enthousiasme, gentillesse et présence.
Bonne continuation.
Un fuerte abrazo
Pablo »
A la mémoire de Don Pablo Neruda
Je vais dire la légende
De celui qui s’est enfui
Et fait les oiseaux des Andes
Se taire au cœur de la nuit
Le ciel était de velours
Incompréhensiblement
Le soir tombe et les beaux jours
Meurent on ne sait comment
Comment croire, comment croire
Au pas pesant des soldats
Quand j’entends la chanson noire
De Don Pablo Neruda
Comment croire, comment croire
Au pas pesant des soldats
Quand j’entends la chanson noire
De Don Pablo Neruda
Lorsque la musique est belle
Tous les hommes sont égaux
Et l’injustice rebelle
Paris ou Santiago
Nous parlons même langage
Et le même chant nous lie
Une cage est une cage
En France comme au Chili
Comment croire, comment croire
Au pas pesant des soldats
Quand j’entends la chanson noire
De Don Pablo Neruda
Comment croire, comment croire
Au pas pesant des soldats
Quand j’entends la chanson noire
De Don Pablo Neruda
Sous le fouet de la famine
Terre, terre des volcans
Le gendarme te domine
Mon vieux pays araucan
Pays double où peuvent vivre
Des lièvres et des pumas
Triste et beau comme le cuivre
Au désert d’Atacama
Comment croire, comment croire
Au pas pesant des soldats
Quand j’entends la chanson noire
De Don Pablo Neruda
Comment croire, comment croire
Au pas pesant des soldats
Quand j’entends la chanson noire
De Don Pablo Neruda
Avec tes forêts de hêtres
Tes myrtes méridionaux
Ô mon pays de salpêtre
D’arsenic et de guano
Mon pays contradictoire
Jamais libre, ni conquis
Verras-tu sur ton histoire
Planer l’aigle des Yankees
Comment croire, comment croire
Au pas pesant des soldats
Quand j’entends la chanson noire
De Don Pablo Neruda
Comment croire, comment croire
Au pas pesant des soldats
Quand j’entends la chanson noire
De Don Pablo Neruda
Absent et présent ensemble
Invisible mais trahi
Neruda que tu ressembles
À ton malheureux pays
Ta résidence est la terre
Et le ciel en même temps
Silencieux solitaire
Et dans la foule chantant
Comment croire, comment croire
Au pas pesant des soldats
Quand j’entends la chanson noire
De Don Pablo Neruda
Comment croire, comment croire
Au pas pesant des soldats
Quand j’entends la chanson noire
De Don Pablo Neruda

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