Chercheurs de trésor

Ce soir, il fait très beau, le ciel est généreux, le soleil descend doucement, la lune nouvelle est capricieuse, elle fait la tête. Astre éteint, que l’on dit mort, satellite de la terre. Cette nuit, elle avance masquée, on ne la voit pas, on la sent. Son influence est palpable, ma nuit agitée, le coefficient…

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Ce soir, il fait très beau, le ciel est généreux, le soleil descend doucement, la lune nouvelle est capricieuse, elle fait la tête. Astre éteint, que l’on dit mort, satellite de la terre. Cette nuit, elle avance masquée, on ne la voit pas, on la sent. Son influence est palpable, ma nuit agitée, le coefficient des marées. L’attraction qu’elle exerce sur la terre est directement proportionnelle à sa masse et à sa proximité, c’est un principe fondamental de la physique. Le ciel est clair, il fait froid, l’air y est pur. Nous sommes le 28 février, dernier jour du mois, 2025 n’est pas une année bissextile. L’alignement des planètes n’est pas une illusion d’optique défendue par quelques mystiques en quête d’énergie, que nenni. Cette nuit les planètes sont bien alignées, il s’agit d’observer et de lever la tête vers l’ouest. Vénus, la première se pointe, pimpante et éclairée, elle se pavane fièrement et se laisse admirer. Puis, c’est au tour de Mercure d’être observée. La Lune nouvelle se tait, ce n’est pas elle qui mène la danse, la reine du bal, l’astre de la nuit n’est pas eclairé. C’est la terre qui tourne et au fur et à mesure de l’obscurité, les belles se dévoilent et se livrent à l’horizon. Chercheurs de trésors célestes, les jardiniers du ciel s’affairent autour des télescopes qu’ils manipulent avec délicatesse. Ils positionnent, pointent et échangent entre eux. Passionnés, techniciens des étoiles, dès que l’astre est verrouillé, une joie immense les envahit, l’astre est capturé dans la lunette, il est temps de l’admirer. À chaque fois, c’est un émerveillement, une quintessence, la quadrature du cercle des planètes, le don du ciel au vivant. Et puis, la nuit est devenue noire, elle permet enfin de livrer d’autres astres. Nébuleuses, Jupiter, obèse au pull rayé, une planète gazeuse, hydrogène et hélium. 

Mars, dieu de la guerre, au nom ancien d’Arès et son contraire Antarès, étoile binaire du Scorpion, la mienne. Je la revendique fin Novembre, avec l’étoile de l’ange qui brille dans mon cœur. Ici, pas d’astrologie, c’est de l’astronomie qu’il s’agit, rigueur et pragmatisme, ils savent et c’est reproductible. Les croyances laissent place à la science. Une petite communauté bienveillante, les passionnés du ciel cultivent leur jardin d’étoiles avec un regard d’enfant curieux et attendrissant. Ils tissent la toile du ciel avec émerveillement. 

Ce soir, ils m’ont fait partager leur trésor. « Georges viens voir, comme elle est belle !». Oui, mille mercis amis de la nuit. 

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