Elle fut accompagnée là, au pied des mégalithes, les cheveux en nattes, petite jeune fille blonde à souhait, blonde à croquer, les joues rouges des enfants en bonne santé. Son père et sa mère font partie de l’élite dirigeante qui a entrepris religieusement sous la houlette des druides d’assembler les pierres bleues et de les disposer en cercle bien alignées sur la course du soleil au moment du coucher lorsqu’en hiver le jour est le plus court et du lever lors du jour le plus long à la saison chaude. Accompagnée d’autres enfants vêtus comme elle d’une robe de lin, ils jouent alors tranquillement en ronde autour des roches dolérites qui composent le cercle magique. La journée s’annonce chaude et les gens commencent à arriver pour la cérémonie. Les fossés qui entourent le cercle des pierres ne sont pas encore totalement recouverts par les herbes, on peut voir, çà et là, des monticules de terre qui signifient que le terrassement est terminé, signe que les pierres ont été érigées récemment. Il était important que ce gigantesque chantier soit fini pour que les druides puissent être en place lors de cette journée spéciale où le jour sera le plus long avant que le soleil ne cède sa place à la lune.
La nuit est claire, la clarté de la lune éclaire le site, il règne une ambiance étrange au milieu du cercle où les enfants dorment du sommeil de l’innocence. Au milieu du cercle de pierre, ils se sentent en sécurité. Après quelques heures d’obscurité, les lueurs de l’aube laissent apparaître des brumes matinales sur la campagne encore endormie. La forêt aux alentours s’éveille et le silence fait maintenant place au chant des oiseaux. Tandis que le soleil commence à s’élever, la boule de feu monte rapidement. Les druides en robe de bure se rapprochent maintenant de la HellStone, ce menhir situé à l’entrée du site. Ils chantent et fur et à mesure que le soleil semble jaillir de l’horizon. Puis, c’est le motif répétitif du“Dichetal Do Chennaibh » qui fait appel aux dieux. Ce mantra, hymne sacré, une formule mystique, une incantation magique, une formule condensée, formée d’une seule syllabe ou d’une série de syllabes, répétées sans cesse avec un certain rythme. Bien sûr, équinoxe oblige, le Dieu Belenos fut appelé, celui qui commémore le retour de la période lumineuse, représentation de la lumière, de l’harmonie et de la beauté sous toutes ses formes. Le soleil prit alors sa place entre les pierres, ce court instant éclairant le cercle magique.


Laisser un commentaire