Prendre son courage à demain

À la retraite, ouverture du droit à la procrastination. Une vie familiale et professionnelle bien remplie par toutes sortes de joies et d’accomplissements. L’amour tout d’abord sans lequel nous ne sommes rien ou pas grand chose. Nous nous accomplissons à travers l’autre par le partage bienveillant d’une vie commune. Cette relation nous remplit de joie,…

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À la retraite, ouverture du droit à la procrastination.

Une vie familiale et professionnelle bien remplie par toutes sortes de joies et d’accomplissements.

L’amour tout d’abord sans lequel nous ne sommes rien ou pas grand chose. Nous nous accomplissons à travers l’autre par le partage bienveillant d’une vie commune. Cette relation nous remplit de joie, nous aide à avancer dans notre vie d’adulte et à construire pas à pas une famille. Cette famille qui est un morceau d’amour, de nous, que nous retrouvons par le don de soi à l’être aimé. Cet être aimé nous le rend en retour en enfantant. Enfants qui nous ressemblent tant et qui portent l’espoir de nous faire revivre à son image nos ainés et dans lesquels nous retrouvons le visage de nos anciens. Mais on ne vit pas forcément d’amour et d’eau fraîche comme au début de la rencontre où ce corps qui nous est offert en cadeau de la vie, assouvit le désir du vivre à deux pour le “merveilleux et le moins bien ».

Donc, le travail, “ici on ne rase pas gratis » ou : « la maison sait délicieusement énoncer qu’elle ne fera pas crédit » si je ne me bouge pas le derrière. Le statut de cigale est vite oublié devant un réfrigérateur vide où une petite tribu affamée au retour de l’école revendique sa fringale et assiège la forteresse parentale. Ici, pas moyen de procrastiner, il faut y aller au charbon. Pourtant jadis au temps des cavernes, j’étais un chasseur cueilleur et maintenant ma jungle c’est un zoo avec plein d’animaux sauvages en liberté qui m’obligent, m’exaspèrent, me fatiguent, m’amusent : les collègues, les énervés, ceux qui parlent fort, qui font de leur stress notre enfer. Au zoo de Thoiry, il y a aussi des animaux en liberté, des vrais. Finalement, je les ai aimés ces compagnons de galères et de joies professionnelles. Ils me manquent tellement depuis que nos chemins se sont séparés. Mon « métro boulot dodo » à cédé sa place à “aujourd’hui peut-être, ou alors demain” célèbre ritournelle du Marseillais. Finalement après des moments intenses, j’ai été admis à prendre cette retraite tant convoitée, on a parlé de liquider ma retraite, sur le coup, je n’ai pas compris. Mais, ils ne m’ont donné qu’une partie du liquide que j’avais gagné toutes ces années. Ce sont en fait des liquidateurs financiers et ma retraite en fait partie. Maintenant, j’ai droit à procrastiner et finalement à la retraite, je l’ai obtenu ce droit à la procrastination.  Libertés chéries,  j’écris vos noms. Je libère enfin mon potentiel et le vrai pouvoir de ne rien faire sauf si j’ai envie et souvent j’ai pas envie. 

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