La dame blanche

Je me promenais en forêt à la tombée de la nuit, ténébreux, bucolique, la tête dans mes pensées. Méditation de fin d’après midi nécessaire à cet équilibre spirituel du soir lorsque l’on se promène en forêt. Un rendez-vous avec soi-même en quelque sorte où j’évoluais, serein, contemplatif de cette nature qui s’endormait, enveloppée de la brume…

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Je me promenais en forêt à la tombée de la nuit, ténébreux, bucolique, la tête dans mes pensées. Méditation de fin d’après midi nécessaire à cet équilibre spirituel du soir lorsque l’on se promène en forêt. Un rendez-vous avec soi-même en quelque sorte où j’évoluais, serein, contemplatif de cette nature qui s’endormait, enveloppée de la brume froide d’un soir d’hiver. Le pas assuré sur le sentier, la petite chienne me guidait par ses allers-retours incessants qui m’entraînaient plus en avant et plus loin dans la forêt. Le silence est partout, les arbres majestueux finissent de s’étirer. Les feuilles mortes mélangées des différentes essences des arbres recouvrent le sol d’un tapis brun et moelleux. Mes pas sont feutrés et dispersent les feuilles sporadiquement tout autour de moi. Le langage de la forêt est perceptible à un ami des arbres à l’oreille exercée. Les senteurs m’entourent de leurs odeurs, de compost, de tourbe, d’humus, de mycélium, substrat de culture nécessaire au développement des champignons. En cette journée d’hiver, la nature semble figée, les fougères sont fanées, quelques houx parsèment de vert la clairière jaunie par les récentes chutes de neige. Soudain, la chienne s’arrête, elle se redresse, hume l’air de son petit museau, et agite sa queue comme si elle avait rencontré une vieille connaissance. Une chouette hulula, oiseau noctambule, elle prit son envol, le jour finissant. Il ne faisait pas tout à fait nuit, j’en fus étrangement étonné et cela m’a semblé bizarre sur l’instant, j’étais intrigué, surpris par cette proximité et presque à me toucher. Elle se posa tout prêt sur un chêne solitaire, plusieurs fois centenaire. Cet oiseau nocturne tout de blanc vêtu, oiseau de nuit qui porte bien son nom : « l’Effraie»  Elle avait un plumage blanc, en guise de robe. La nuit tombait à présent et la lune, en gibbeuse croissante annonçait la prochaine pleine lune dans quelques jours. La lune éclairait maintenant cette clairière glacée qui me retenait prisonnier, elle brillait de tous ses feux. L’oiseau était là, fixement, me dévisageant. Je guettais un signe malgré moi, un message. Puis soudain un cri sortit du néant. Ce cri strident venu d’outre tombe me glaça le sang. Les cheveux dressés sur ma tête, ma terreur ne fit que s’accroître, lorsque d’un vol lourd elle s’éloigna. Cette dame blanche m’a pétrifié, paralysé, je n’osais bouger. À y réfléchir par la suite, je reste persuadé que cette entité surnaturelle, m’est apparue un soir d’hiver dans cette forêt et puis elle a disparu comme elle était venue. 

La dame blanche

Quelques années plus tard, je suis revenu dans cette forêt à la tombée de la nuit pour la retrouver cette belle dame blanche, fantôme d’une beauté décédée, guettant, qui sait, un signe du divin.

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