Demeurer avec la même personne pour la vie ?
Un amour durable ne serait pas si compliqué que ça. Mais comment ne pas s’oublier au profit de l’autre et faire des compromis au jour le jour, l’aliénation du quotidien.
Le mariage est devenu une cérémonie hors normes parce que le conditionnel employé lors de cette relation l’emporte maintenant souvent. Certains autrefois considéraient à tort ou à raison qu’il s’agissait à travers cette promesse de se mettre la corde au cou ou de devoir boire la mer et la belle mère à avaler.
Le duo, l’entité et la relation.
En fait, dans un couple, il y a «toi», «moi» et la relation, le ménage à trois en somme. On se sublime, nous les mariés, les pacsés et ce quoi qu’il arrive. Se glorifiant d’être ce merveilleux papa et cette merveilleuse maman. Je te remercie de me casser les pieds car cela me permet de me remettre en question et de devenir meilleur chaque jour. Ceci résume bien les enjeux de ce qu’on appelle aujourd’hui le couple durable. Soudé, harmonieux, cimenté par l’envie d’être et d’avancer ensemble et pas uniquement par le nombre d’années au compteur.
Le couple vivant possède l’oreille absolue, comme les musiciens dans un orchestre, ils s’écoutent et se répondent en harmonie. Duo du cœur, ils maîtrisent l’art de la communication et désamorcent au fur et à mesure ces mines antipersonnel qui jalonnent le chemin étroit et sinueux de la vie à deux.
Un couple durable, ça se décide.
Au fur et à mesure que les années s’écoulent, une totale complicité s’installe. Les jeunes gens se rencontrent à l’école et se connaissent par cœur avant de devenir un couple.
Pas de mauvaises surprises, tout est clair : on sait d’où on vient et où on va. On l’a décidé d’une certaine manière, en faisant une sorte de pacte avec tacite reconduction. On décide ensemble, on projette, on y travaille et ça se manifeste. On n’oublie surtout pas de se rappeler l’un à l’autre ce contrat passé ensemble, parce que très souvent le bateau de la vie à deux à tendance à prendre l’eau par gros temps, et les nuages porteurs de chagrin.
Le rituel tout doucement va s’installer. Le film du dimanche soir, le petit restaurant sympa, tête à tête, main dans la main, petit bisou volé ou main baladeuse, plus terre à terre : courses le vendredi : élémentaire mon cher Watson !
Rien de bien transcendant me direz-vous ! une multitude de petites choses que l’on réalise à deux en toute confiance. Le bienfait du rituel et on se le redit souvent un peu comme un mantra, formule consacrée du couple pour le meilleur et pour le pire. Sauf à oublier que la mort nous séparera un jour, il fallait prêter l’oreille avant de se faire le bisou devant Monsieur Le curé. Se redire pourquoi on s’aime. C’est un rituel très important. Revenir à la source de la relation pour y puiser la force, la sève du couple qu’il est si facile de perdre de vue.
Les couples qui durent, ont toujours un point commun : ils dégagent du temps et ne ménagent pas leurs efforts. Non pas que ceux qui se séparent ne fassent pas d’efforts, mais parfois, le couple s’étiole sans que l’on s’en rende compte. Et quand l’éloignement devient trop grand, la séparation est déjà là. Disons plutôt qu’il existe d’autres chemins à emprunter. Le mot usure est impropre à l’âme et représente une blessure.
La pire menace du couple, ce sont les enfants. Y compris dans les familles recomposées. Être de bons parents, c’est être un bon couple. En vivant en couple avant de construire une famille, on peut y puiser une énergie débordante. Parfois le duo se scinde à l’arrivée de l’enfant qui se retrouve au milieu plus proche de la mère au début ce qui conduit à ce que le père et la mère commencent à faire route chacun de leur côté.
Les enfants à leur juste place, c’est important.
Mais comment éviter cet éloignement ? Sanctuariser des moments tous les deux, sans ses enfants, ce n’est pas moins les aimer. C’est les laisser à leur juste place et leur renvoyer un modèle inspirant de parents qui s’aiment.
Un couple connaît plusieurs étapes.
La fusion d’abord : pour plaire à l’autre, consciemment ou non, on est dans le mimétisme, se réjouissant des points communs, des goûts partagés, quitte à exagérer la réalité. L’objectif étant de se persuader que l’on a en face de soi une Âme soeur, une flamme jumelle voire toutes sortes de sornettes abracadabrantes. Parfois qualifiés plus facilement de «compagnon de vie ou d’amitié amoureuse ». Ce mimétisme rassure dans le choix de l’engagement .
Pas de fatalité, surgit la différenciation, et potentiellement le début des problèmes. On s’autorise à être soi-même. L’honnêteté est la clé, mais elle passe aussi par une étape fondamentale : «Nietzschéen devient ce que tu es» ! Le couple qui dure est au carrefour des rendez-vous manqués, des non-dits , accidents de la vie et remises en question. On se supporte.
Enfin, l’étape cruciale de la remise en question qui sonne le glas de la fin des concessions . Le curseur doit être ajusté aux «choses qui sont acceptables pour le couple ». Les individus tolèrent dans leur couple ce qu’ils n’accepteraient jamais ailleurs. Le mécanisme de la double identité . Exemple en compagnie ou au bureau, je suis cool et plaisant. Je deviens un tyran à la maison, ce qui conduit parfois à mieux traiter ses collègues de travail que son propre conjoint.
Alors qu’il faut et qu’il suffit comme on le dit souvent en mathématiques de veiller à prendre soin de l’autre, à ses ressentis, ses besoins est c’est primordial.
Sans tomber dans le mythe du couple parfait : tout simplement être deux personnes épanouies. Le lien est un élastique, le fait de l e distendre un peu, ce n’est pas grave, il se retendra plus tard. Travail au quotidien, qui ne va pas de soi, et ne devient pas non plus une charge mentale. Plus le temps passe, plus la vie à deux devient naturelle.
Pourquoi certains couples, échouent ?
Parce qu’ils manquent de modestie, d’humilité, leurs égos démesurés empoisonnent la relation. Ils mettent la barre trop haut et s’imaginent plus fort que tout. La trahison, l’adultère, ce n’est pas le problème fondamental, c’est la lutte clandestine de l’ego, en rapport avec les luttes de pouvoir. Il faut accepter d’être chacun vulnérable et se demander pardon d’être chacun un peu bancal, reconnaître qu’il faut ajuster et qu’il y a de nombreuses variables d’ajustements. Avant tout rechercher : Harmonie du couple, le nom de ce magazine que mes parents avaient comme livre de chevet.
Vibrer à l’unisson et en finir avec l’idéal de perfection.
Je t’aime 🫶

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