Elle tourne et tourne cette petite toupie, virevolte, chancelle, vacillante. Elle n’attend plus que cela une pichenette, pour reprendre son élan. Mais cette toupie occupe mon esprit, c’est agaçant cette toupie qui s’arrête toute seule. Et si je voulais la laisser tourner dans mon esprit, la nuit dans mes rêves, elle s’arrêterait certainement de tourner et me laisserait un peu de répit. Auparavant, j’avais ce petit vélo qui ne voulait pas me laisser en paix. Fruits de mon imagination, vélos, toupies, compagnons de ma solitude, ils dansent cette danse macabre au cinq sens. Me réveillant la nuit, mon ennui reprend, je m’ennuie tellement. Alors quand je dors, je la range avec les autres jouets esseulés, cette petite toupie, elle s’occupera de dire au petit vélo que c’est fini, la belle vie et qu’il faut passer maintenant la main au moulin à condition qu’il n’aille pas trop vite sinon il va le réveiller ce meunier qui dort du sommeil du juste.
Toupies, vélos, moulins, la roue tourne pour tout le monde plus ou moins vite.
Alors un soir, las de ruminer, j’ai laissé la toupie danser sa dernière valse, démonté les roues du petit vélo, réveillé le meunier. La nuit enfante le songes et je sens son souffle divin.

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