La plainte de Nounours 

Papa embrasse Maman, je le sens, un petit gémissement, elle m’a lâché doucement la traîtresse. Elle qui me caressait tendrement tandis qu’elle  dorlotait son enfant. Celui-ci a grandi et hors du nid, j’ai profité de son ennui. Ici ou là, auprès d’elle la nuit, et parfois aussi le jour où rien ne va. Manifestations conscientes,…

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Papa embrasse Maman, je le sens, un petit gémissement, elle m’a lâché doucement la traîtresse. Elle qui me caressait tendrement tandis qu’elle  dorlotait son enfant. Celui-ci a grandi et hors du nid, j’ai profité de son ennui.

Ici ou là, auprès d’elle la nuit, et parfois aussi le jour où rien ne va. Manifestations conscientes, inconscientes de l’enfance , architectes de la personnalité, refuge de toujours, objet transitionnel révolu. Maintenant, le lit est sans dessus dessous. Je chois, gisant au sol, attendant le jour. Et puis le silence après l’amour, une tempête de tendresse qui se termine. Vais-je être ramassé ? Rapporté dans ce lit douillet qui sent bon ? Retrouver cette place près de son coeur ❤️ ?

Je me mets à espérer.  Puis, me tournant sur le côté, je l’aperçois, le nounours de Papa, il est stoïque, résigné, lui aussi. Dans ce tourbillon, il a chu. Nous nous regardons fixement pauvres petites peluches esseulées, tristement sur le parquet. 

N’avons nous pas démérité pour connaître ce sort misérable ? Alors, Maman, Papa par pitié, ne nous abandonnez plus jamais, quand vous vous embrassez et plus au gré de la nuit. Installez nous sur votre chevet et nous profiterons aussi de ces bisous que vous nous offrirez, nous les compagnons fidèles de votre psyché. 

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