Le concert en boite

(Brève de Covid) Seul devant son pupitre, il bat la mesure avec son pied, à son oreille, une oreillette. Ici point de sucre glace, ni de saveur, de son instrument juste le son directeur. Il s’applique, d’abord le rythme, la mélodie, quelques nuances, seul c’est compliqué, il ne ressent pas grand chose de cette musique…

(Brève de Covid)

Seul devant son pupitre, il bat la mesure avec son pied, à son oreille, une oreillette. Ici point de sucre glace, ni de saveur, de son instrument juste le son directeur.

Il s’applique, d’abord le rythme, la mélodie, quelques nuances, seul c’est compliqué, il ne ressent pas grand chose de cette musique qu’il enregistre. Les mains moites s’agitent sur la touche, le vibrato est lent, tremblant, zut ce n’est qu’un enregistrement. Cela fait dix fois qu’il recommence, cette caméra l’obsède, tel l’oeil de Caïn. Cette caméra le dévisage, le surveille, l’observe. Il suit tant bien que mal la partition avec toute son attention. Vivement que cela soit fini et que l’on referme cette diabolique boite à musique. La pandémie a eu cet effet surprenant, le virus s’est répandu sur les réseaux maintenant.

Point de remède aussi, ce monde confiné a besoin de fraternité: les faux amis sont devenus les vrais, ils vont « Liker », ce pouce levé en guise de récompense, je like, tu likes, nous aimons cette contagion.

Enfin, enfin, le morceau est terminé, « click clack Kodak » c’est dans la boite. Fiers de leur réussite, chacun dans sa petite fenêtre, à gauche, à droite, haut ou bas, ils pourront alors se glorifier avec cette valse des confinés.

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